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L'accident d'avion de 1972 dans les Andes

L'avion s'est écrasé à 4000 mètres d'altitude près de la frontière chilienne

L'avion qui s'est écrasé le 13 octobre 1972 dans les Andes à proximité de la frontière chilienne était un Fokker F-227 de l'armée de l'air uruguayenne. Il avait été affrété par une équipe de rugby locale qui devait jouer un match amical au Chili et transportait les joueurs ainsi que quelques parents et amis. L'avion avait 45 personnes à bord.

Les rescapés mangent les cadavres des morts

C'est en amorçant sa descente vers Santiago que le crash s'est produit. Le pilote ayant mal calculé sa position percuta la cordillère des Andes. Tous les efforts pour retrouver les éventuels survivants restèrent vains et les rescapés pour survivre décidèrent de manger les cadavres de leurs amis morts dans le crash. Dix semaines plus tard, un berger chilien qui surveillait son troupeau dans une vallée située sur les contreforts des Andes, aperçut la silhouette de deux hommes de l'autre côté d'un torrent. Soixante-douze jours après l'accident, deux des rescapés de l'accident avaient réussi à parcourir 70 km à pied dans la montagne à 4000 mètres d'altitude pour donner l'alerte. Les «Naufragés des Andes», 16 personnes au total, furent finalement rejoints par les équipes de secours deux jours avant Noël.


A lire: histoire
La catastrophe aérienne de 1972 dans les Andes serait-elle possible de nos jours?

La tragédie de 1972, lorsqu'un avion de la force aérienne uruguayenne s'est écrasé dans la Cordillère des Andes, près de la frontière avec le Chili, serait-il encore possible de nos jours?

L'équipage avait commencé sa descente trop tôt

Selon les experts aéronautiques consultés par A-lire, il y aurait peu de chances que cela se produise, à moins d'une défaillance totale des instruments de navigation. Mais en 1972, les conditions de vol étaient différentes, et les avions de ligne ne disposaient pas des mêmes aides à la radio-navigation que maintenant, sans même parler des GPS ou autres centrales de positionnement par satellite. Les équipages étaient donc contraints parfois de naviguer au cap et à la montre, en synthèse de calculer un cap corrigé du vent pour suivre leur route et de vérifier régulièrement leur position en calculant leur vitesse compte tenu du vent.Le 13 octobre 1972, à 15h30, le pilote du Fokker transmet à la tour de contrôle de Santiago sa position et son altitude. Mais quand, une minute plus tard, la tour tente de communiquer avec l'appareil, elle n'obtient aucune réponse. L'équipage avait commencé sa descente trop tôt.

Des erreurs de navigation à l'estimée

Le pilote pensant avoir dépassé la cordillère et volant aux instruments dans les nuages avait averti la tour de contrôle de Santiago qu'il se trouvait au-dessus de Curicó et avait commencé sa descente vers Santiago. Sa navigation à l'estimée était fausse, il avait mal calculé la vitesse réelle de l'avion par rapport au sol, compte tenu du vent de face très fort qui soufflait à ce moment sur les Andes, et elle était plus faible que ses estimées. L'appareil au moment de la descente se trouvait donc encore au dessus de la cordillère et s'écrasa sur un glacier. De nos jours, une telle catastrophe, en l'absence de défaillances techniques, n'aurait pratiquement aucune chance de survenir. Les appareils volant aux instruments ( IFR) sont tous dotés d'instruments de navigation qui leur permettent de visualiser précisément leur position, et les cartes de navigation Jeppesen, utilisés par tous les pilotes du monde entier, indiquent clairement les altitudes de sécurité à respecter sur les routes aériennes. Même les avions légers qu'ils soient mono ou bimoteurs sont équipés de ces appareils. Et aucun pilote, à moins d'avoir une tendance suicidaire,ne se risquerait à traverser la cordillère des Andes par mauvais temps en "vol à vue" et sans avoir la qualification requise de vol aux instruments.


A lire : histoire
Le récit de Nando Parrado, l'un des survivants

Le récit de cette catastrophe est écrit par Nando Parrado, l'un des deux rescapés qui avait réussi à donner l'alerte après une longue marche en haute montagne. Lorsque Parrado se réveille d'un coma de plusieurs jours après l'accident, il découvre un paysage de désolation, entre les râles des moribonds et les cadavres ensevelis sous la neige. Acculé avec ses compagnons à un terrible drame de conscience, il s'engage dans une longue marche en haute montagne, chaussures de rugby aux pieds, avec la chair de leurs amis décédés dans des sacs à dos pour toute provision. Le conte macabre se transforme alors en un récit d'aventure haletant ; de la réussite de leur équipée dépend la survie des derniers rescapés, portés disparus par des secours qui ont abandonné les recherches. Parrado témoigne, dans ce texte poignant de sincérité et de retenue, de la formidable capacité d'adaptation de ces hommes à des situations extrêmes, de leur aptitude à rationaliser l'horreur, de leur solidarité ; en un mot, du triomphe de leur humanité.
Nando Parrado. Miracle dans les Andes. Grasset


A lire : histoire
Les Incas étaient au 15e siècle, les maîtres des Andes

Les Andes s'allongent du Vénézuéla à la terre de feu sur environ 8000 km en bordure du Pacifique. C'est la plus longue chaîne de montagnes du monde. Après s'être séparée, en plusieurs cordillères, la chaîne s'unifie à la hauteur du Chili, avec un sommet, l'Aconcagua, culminant à 6959 mètres d'altitude. L'empire inca s'étendait au 15e siècle, dans les Andes, du sud de la Colombie jusqu'au Chili. Il fut détruit par les conquistadors espagnols.
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