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L'immigration et la fin de l'Empire Romain

L'immigration non controlée à l'origine de l'effondrement de l'empire romain, selon un historien italien

«Un monde qui se considère prospère et civilisé (...) à l’extérieur des populations contraintes de survivre avec des ressources insuffisantes (...) une frontière défendue militairement pour filtrer réfugiés et immigrés, des autorités qui doivent décider au cas par cas de la conduite à tenir face à de telles urgences(...)Cela pourrait ressembler à une description du monde actuel, bien que ce soit la situation dans laquelle se trouva pendant des siècles l’Empire romain face aux barbares, avant que ne s’épuise, avec des conséquences catastrophiques, sa capacité à gérer de manière controlée le début de l’immigration».

Dans son ouvrage «Barbares, réfugiés, et déportés dans l’Empire romain», l’historien italien Alessandro Barbero signale néanmoins, dès l’introduction, que la principale différence entre l’immigration dans l’antiquité et la situation actuelle est qu’à l’époque romaine ce phénomène se déroulait généralement de manière collective et assistée. En résumé, les barbares soumis étaient incorporés aux forces armées romaines pour assurer la défense de l’Empire, ou installés avec leurs familles dans des zones à mettre en valeur. L’auteur estime que l’armée a pleinement joué son rôle d’intégration et que sa «Barbarisation» n’a pas réduit la qualité des unités de combat, ni leur fidélité. Et Barbero d’ajouter que Colin Powell, secrétaire d’état et ex ministre de la défense lors de la guerre d’Irak, était un fils d'émigré jamaïcain, que le chef d’état major de l’armée était d’origine japonaise, et le commandant des troupes sur le terrain s’appelait Sanchez. «Sans que cela n’altère en rien leur statut de généraux américains».

Les amateurs de «clash» des civilisations resteront donc sur leur faim, même si le philosophe Synesius,» dans son traité sur la monarchie, déplore l’accoutrement des Goths qui «revêtent leurs peaux de bêtes» dés qu’ils ont quitté le Sénat. Les problèmes commencèrent en fait à se multiplier, note Barbero, «lorsque autant de recrues, barbares, et encore très recemment hostiles, furent incorporées en groupes ethniques compacts et en plus grand nombre que tout ce dont on avait l’expérience». La situation devint désespérée quand l’Empire laissa entrer des milliers de personnes qu’il ne savait ni comment ni où installer. En 410, les «Barbares» Wisigoths sous le commandement d’Alaric 1er conquièrent Rome et mettent la ville à sac.C’est la fin de l’Empire romain d’Occident.Jk.


Alessandro Barbero. Barbares, immigrés, réfugiés et déportés dans l’Empire romain.
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