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l'affaire Farewell permit a la DST d'obtenir 4000 documents d'un officier du KGB

Farewell est le nom de code d'un agent du KGB Vladimir Ippolitovitch Vetrov qui transmit dans les années 80 plus de 4000 documents au contre-espionnage français. Vetrov avait été en poste à la «résidence» du KGB à Paris entre 1965 et 1979 et était un ardent francophile. Selon Vassili Mitrokhine, un colonel du KGB passé à l'ouest avec des archives, Vetrov était notamment mécontent d'avoir été relégué à des taches d'analyse. En 1981, il contacte la DST par l'intermédiaire d'un homme d'affaires français résident à Moscou et propose ses services aux français. «Farewell» fournira à Paris jusqu'en 1982 des documents ultra confidentiels sur les méthodes d'espionnage industriel et scientifique de l'URSS ainsi qu'une liste de plus de 300 agents du KGB espionnant à l'étranger. Ces informations permirent notamment à la France d'expulser en 1983 47 agents du KGB résidant sur le territoire. L'opération Farewell prit brutalement fin en février 1982 dans des circonstances comportant encore de nombreuses zones d'ombre. Abordé par un collègue du KGB, alors qu'il se promenait dans un parc avec sa maîtresse, il le tua d'un coup de couteau et poignarda son amie. La jeune femme témoigna contre lui et il fut condamné a 12ans de prison. Mais il purgeait depuis quelques mois sa peine dans une prison d'Irkoutsk, lorsque le KGB commença à le soupçonner d'avoir eu des activités d'espionnage. Condamné pour haute trahison, il sera abattu d'une balle dans la nuque en 1985 dans la prison de Lefertovo à Moscou.


L'affaire Farewell, vue de l'intérieur

affaire farewellLa plus grande réussite du contre-espionnage français depuis 1945, le recrutement et l'exploitation d'une taupe au sein du KGB soviétique - Vladimir Vetrov- est, pour la première fois, racontée par les responsables de la DST qui ont géré le dossier.

Raymond Nart qui a été pendant dix ans directeur adjoint de la DST et Jacky Debain ancien sous-directeur du contre-espionnage à la DST, racontent dans un livre passionnant publié aux éditions du Nouveau monde les dessous de l'affaire Farewell. Suite

Raymond Nart et Jacky Debain. L'affaire Farewell vue de l'intérieur. Nouveau Monde Editions.

 

 

 

 

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A lire: histoire
Espionnage pendant la guerre froide,l'affaire Farewell

Les ouvrages consacrés à la guerre froide et aux activités d'espionnage de la CIA et du KGB sont innombrables et vont des plus fantaisistes aux plus sérieux, le «sérieux» en la matière étant toujours sujet à caution puisque les activités d'espionnage sont par définition secrètes, sauf quand les historiens ont la possibilité de consulter des archives «déclassifiées» comme celles de la Stasi, la police secrète est-allemande, qui constituent un fonds de documentation irremplaçable sur la dictature communiste. Pour les opérations du KGB, l'un des meilleurs ouvrages que l'on puisse lire est le monumental KGB contre l'Ouest ( Fayard) basé sur les archives Mitrokhine, un colonel du KGB passé à l'ouest. Le livre de près de mille pages contient notamment de nombreux renseignements sur les pays européens pendant la guerre froide et sur l'infiltration de certains médias français par les services secrets soviétiques. Jamais personne avant Vassili Mitrokhine, colonel du KGB, n'avait livré sur la police secrète soviétique une telle masse d'archives ultra-confidentielles, opiniâtrement recopiées ou résumées pendant près de vingt ans puis sorties clandestinement de Russie. Pour des témoignages de première main sur les «opérations», le CIA-KGB « Le dernier combat» de Milton Bearden et James Risen, chez Albin Michel,( Bearden est un ancien officier de la CIA et Risen, un journaliste américain prix Pullitzer 2002) se lit «comme un roman», selon la formule traditionnelle, mais repose sur une solide documentation et de nombreux interviews. A signaler encore le KGB en France de Thierry Wolton, et sur l'affaire Farewell elle même, le Bonjour Farewell, de Sergueï Kostine, un essai paru chez Robert Laffont.


A lire : histoire - espionnage
Le dernier mystère de la guerre froide " les archives Rosenholz"

Plus de 20 ans après la chute du mur de Berlin, l'un des derniers mystères de la guerre froide est encore loin d'être éclairci. Personne mis à part les intéressés ne sait comment les 280 000 fiches recensant les espions de la Stasi à travers le monde ont atterri dans les bureaux de la CIA aux Etats-Unis.
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