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Les mémoires de Rudolph-Christoph von Gersdorff

Von Gersdorff avait tenté de tuer Hitler

On connaît en général, dans le grand public, l'attentat manqué contre Hitler de juillet 44 lorsque le comte Claus von Stauffenberg fit exploser une bombe dans le bunker du Führer. Mais on connaît moins bien les autres tentatives d'officiers allemands, appartenant à de vieilles familles aristocratiques, pour éliminer le monstre. Sans doute, comme le note Jean Louis Thieriot dans sa préface aux mémoires de Rudolph-Christoph von Gersdorff publiées chez Tallandier, parce que selon la vulgate commune « un résistant est nécessairement un homme de gauche». Il était sans doute gênant dans le paysage intellectuel français que des officiers de la Wehrmacht, appartenant de surcroît à la fine fleur de l'aristocratie allemande, prouvent le contraire. C'est ainsi qu'il faudra attendre 36 ans pour que les mémoires de von Gersdorff, publiées en 1976 en Allemagne, sortent en France aux éditions Tallandier sous le titre Tuer Hitler, confession d'un officier allemand antinazi.

Tout opposait une partie de la haute aristocratie allemande au Führer

Ces mémoires vont bien au delà de la relation événementielle des attentats ratés précédants celui du comte von Stauffenberg, notamment celui du 20 mars 1943 lorsque von Gersdorff s'était bardé d'explosifs pour se faire sauter à coté d'Hitler; elles sont le portrait d'une aristocratie allemande que tout opposait au Führer, la culture, l'éducation, mais aussi la morale. Les crimes du 3e Reich étaient en contradiction avec les valeurs humanistes et chrétiennes de l'Allemagne royale et impériale.

«L'ouverture au monde et la tolérance étaient pour mes parents des valeurs aussi importantes que l'amour et la fidélité à l'égard de leur patrie et de leur maison souveraine(..) la responsabilité devant Dieu et devant les hommes, la justice et l'amour du prochain s'unissaient en eux à une fierté naturelle à l'égard des traditions familiales, à une lucidité historique et à une inclination réelle pour l'art et la nature». Pour ces résistants allemands, Hitler n'était qu'un monstre, « un prolétaire répugnant et boursouflé». « Je n'ai jamais perçu en lui, écrit von Gersdorff après avoir vu le Führer dans un déjeuner, le moindre souffle de grandeur ou de puissance, ni le moindre magnétisme mystique».

Von Gersdorff restera cependant longtemps emprisonné après la fin de la seconde guerre mondiale

Von Gersdorff et de nombreux autres officiers de la Wehrmacht tenteront chacun à leur niveau de contrecarrer les ordres monstrueux du leader nazi. Ils s'élèveront contre les massacres de juifs, tenteront en vain de gagner à leur cause des généraux dont beaucoup feront preuve jusqu'au bout d'attentisme. Pourtant, von Gersdorff restera longtemps détenu à la fin de la guerre alors que les alliés étaient au courant de ses activités de résistant. Il fut ainsi incarcéré au camp d'Allendorf et le général Engel, l'un des plus fidèles serviteurs d'Hitler, fut remis en liberté avant lui. Explications du commandant américain du camp: Engel a montré pendant toute sa carrière militaire qu'il ne savait qu'obéir, tandis que vous suiviez votre conscience, et des gens comme vous sont dangereux.

Rudolph-Christoph von Gersdorff. Tuer Hitler. Confession d'un officier allemand antinazi. Éditions Tallandier

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Rudolph-Christoph von Gersdorff un officier allemand appartenant à la haute aristocratie tenta de tuer Hitler. Ses mémoires sont publiées pour la première fois en France aux Editions Tallandier





 

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