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Des révélations sur la vie cachée de Fidel Castro

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Le 20 avril 1983, en pleine nuit, Fidel Castro et ses gardes du corps débarquent en trombe au Palais de la Révolution, le bunker disgracieux qui, à La Havane, abrite le centre névralgique du régime. Soutenu par ses hommes, le « Comandante » file au 4è étage, celui de sa clinique privée. Il est en pyjama sous son éternel treillis vert-olive. Son postérieur est taché de sang. Fidel Castro est malade. Ses médecins personnels, les plus grands noms de la médecine cubaine, diagnostiquent un ulcère cancéreux à l’intestin.

Les souvenirs du garde du corps de Fidel Castro

Seul un témoin très privilégié pouvait raconter la scène. Ce témoin n’est autre que le lieutenant –colonel Juan Reinaldo Sanchez, garde du corps personnel du « Lider Maximo » pendant 17 ans. Il publié aux éditions Michel Lafon une passionnante « Vie cachée de Fidel Castro », écrite en collaboration avec le journaliste de l’Express Axel Gylden.


Début septembre 1992, Juan Reinaldo Sanchez est à nouveau témoin de la même scène. A nouveau Fidel a enfilé son treillis sur son pyjama. A nouveau son postérieur est taché de sang. Quatorze en plus tard en 2006 Fidel doit céder le pouvoir à son frère Raul après avoir subi plusieurs opérations en raison de problèmes intestinaux apparus vingt ans plus tôt.

Fidel Castro: super PDG de la "holding Cuba"

Même si Fidel ne dirige plus Cuba au jour le jour, comme il l’a fait depuis 1959, sa parole continue de peser lourd. Elle reste celle d’un dirigeant tout puissant. « Il faut comprendre la réalité cubaine en partant du fait que Fidel Castro règne en monarque absolu sur son île de 11 millions d’habitants », explique Juan Reinaldo Sanchez. « A Cuba, poursuit-il, il est la seule personne à pouvoir disposer de toute chose, se l’approprier, la vendre ou la donner. Lui seul d’un coup de plume, peut autoriser la création (ou la fermeture) d’une entreprise d’Etat, sur l’île ou à l’étranger. (…) C’est Fidel qui nomme les responsables et qui les révoque. Ce mode de fonctionnement fait de Fidel le super PDG de la « holding Cuba », dont il a d’ailleurs conçu l’organigramme ».

L'impressionnant patrimoine de Fidel Castro

Dans un article de 2006, consacré a la fortune des rois, reines et dictateurs, la revue américaine Forbes a évolué celle de Fidel à 900 millions de dollars. Une « infâme calomnie » a affirmé en son temps le « Comandante » en ajoutant qu’il ne disposait en tout et pour tout que d’un salaire de 900 pesos.
Même si aucune opération immobilière au nom de Fidel Castro n’a jamais été officiellement enregistré, « El Jefe » (Le Chef) dispose d’un impressionnant patrimoine. Une immense propriété ou il vit en famille dans les environs de La Havane et que ses gardes du corps ont baptisée « Punto Cero » (Point Zéro), son île de Cayo Piedra au sud de Cuba, trois maisons dans la province de Pinar del Rio, six maisons à La Havane, deux villas dans la province de Matanzas, une hacienda dans la province de Camaguey, une propriété dans la province d’Holguin, deux résidences à Santiago de Cuba et bien d’autres encore selon l’évaluation « rigoureuse, objective et minimaliste » de Juan Reinaldo Sanchez.. « Ne t’inquiète pas, Sanchez, l’avenir de la famille est assuré », a déclaré incidemment au garde du corps, Dalia, la femme de Fidel.

Un formidable dispositif de sécurité pour protéger Fidel Castro

Toujours sur le qui-vive, rendu paranoïaque par les diverses tentatives d’assassinat de la CIA, Fidel est entouré d’un formidable dispositif de sécurité organisé, raconte son ex-garde du corps, « en trois cercles ou anneaux concentriques ». Le 1e cercle, le plus important, celui auquel appartenait Juan Reinaldo Sanchez, est composé «de deux équipes d’une quinzaine de soldats d’élite, triés sur le volet qui se relaient un jour sur deux afin d’assurer la protection rapprochée de Fidel 24h sur 24h ». Les gardes du corps précédent toujours « Le Chef » lorsqu’il est à la Havane l’invité des représentations étrangères.

Viendra, viendra pas? Les déplacements de Fidel dans les ambassades étrangères.

Selon mes souvenirs personnels, l’arrivée de Fidel Castro dans une ambassade étrangère, à l’occasion d’une fête nationale par exemple, a toujours eu un côté spectaculaire. On sait que Fidel pourrait venir mais -sécurité oblige- on ignore à quelle heure il viendra. Politesse et courtoisie n’étant pas ses préoccupations essentielles, il peut débarquer six ou sept heures après le début de la réception. Et bien entendu tout le monde attend. La nervosité gagne les diplomates, l’ambassadeur en premier qui se demande : Viendra ? Viendra pas ? Finalement une nuée de soldats en tenue de combat vert-olive prennent position autour de la résidence de l’ambassadeur tandis que d’autres, tout aussi nombreux, « sécurisent » l’intérieur du bâtiment. Ils vérifient de la cave au grenier qu’aucun tireur embusqué ou engin explosif ne s’y trouve. « El Jefe » fait alors son apparition. Détendu et charmeur comme à son habitude. Il commence à parler. Aussitôt un garde du corps branche discrètement un magnétophone.

Fidel Castro, explique Juan Reinaldo Sanchez, a la manie de tout faire enregistrer. Ce qu’il dit – pour la postérité et ce que disent ses interlocuteurs, souvent trop confiants, pour les faire chanter, le cas échéant.
Magnétophones et cameras sont également installés dans les résidences des invités de marque. Conversations privées, ébats, préférences sexuelles, tout cela pourra servir un jour estime le « Comandante ». Un diplomate français, grand amateur d’œuvres d’art, en a fait les frais, raconte Juan Reinaldo Sancherz. Filmé alors qu’il effectuait une transaction illégale il a du « collaborer » pendant de nombreuses années.

Hypocrisie, mensonge, fourberie...

Hypocrisie, mensonge, fourberie… Les défauts de plus en plus patents ont fini par brouiller l’image parfaite du chef infaillible et charismatique que Juan Reinaldo Sanchez avait de Fidel Castro. En 1994 il décide de prendre sa retraite et se retrouve en prison pour deux ans. Il prend la fuite pour le Mexique en 2008.

En lisant ce livre tous ceux qui se faisaient encore des illusions sur Fidel Castro les perdront définitivement.

La vie cachée de Fidel Castro. Juan Reinaldo Sanchez. Michel Lafon

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La vie cachée de Fidel Castro. Des révélations de son ancien garde du corps