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le bolchevisme francais

L'historien Stéphane Courtois coauteur du célèbre Livre noir du communisme (Robert Laffont 1997) lance un nouveau pavé dans la mare du communisme français en reprenant sous le titre Le bolchevisme à la française ( Fayard) les articles qu'il avait consacrés depuis une trentaine d'années à ce sujet hautement polémique.

Bolchevisme : un bilan désastreux

Chaque chapitre est précédé d'une courte introduction mettant en perspective le thème de la contribution avec nos yeux d'aujourd'hui. «Si surprenant que cela puisse paraître après un bilan aussi désastreux sur le plan économique et social et aussi tragique sur le plan de l'humanité, l'idée d'un communisme révolutionnaire, continue d'agiter un certain nombre d'intellectuels et non des moins en vue de la scène médiatique» écrit ainsi Courtois en prologue du dernier chapitre intitulé Révolution et démocratie au 21e siècle, qui reprend un article publié en 2008 par la Fondation pour l'innovation politique.

Le parti socialiste français contaminé par le bolchevisme

Courtois avait à l'époque avancé une explication. C'était selon lui grâce au programme commun de François Mitterrand que l'idéologie révolutionnaire avait réussi à perdurer en contaminant le Parti Socialiste. « Si, grâce à l'alliance avec le PCF dans le cadre du programme commun de 1972, François Mitterrand a réussi une superbe manoeuvre politique qui l'a conduit au pouvoir et avec lui un PS devenu deuxième force politique du pays, il a enregistré une défaite idéologique, la pensée socialiste étant durablement et profondément contaminée par l'idéologie révolutionnaire». Et d'ajouter, que des «centaines de militants d'extrême gauche» étaient arrives au PS et s'y étaient hissés aux fonctions les plus élevées.

Le Bolchevisme à la française s'ouvre sur une première partie consacrée à l'histoire et à la mémoire du PCF (c'est en 1992 que Courtois débarqua à Moscou dans le saint des saints, l'Institut du marxisme-léninisme où étaient conservées les archives de l'internationale communiste) puis l'ouvrage montre le rôle fondamental joué par Parti communiste d'Union Soviétique dans la définition de la politique du PCF. Dans la troisième partie, on découvre les hommes de l'appareil communiste revendiquant jusque dans les années 1960 «le beau nom de stalinien». La quatrième partie, captivante, s'interroge sur le nature de ce «Bolchevisme à la française». « Pourquoi et comment a pu prospérer, au coeur de la démocratie française, un parti étroitement associé à l'un des grands mouvements totalitaires du XXe siècle?» se demande Courtois. La quatrième et dernière partie est consacrée au déclin du PCF.
Stéphane Courtois. Le Bolchevisme à la française. Fayard.


Les archives de l'institut de marxisme-léninisme
à Moscou

C'est à l'automne 1991 qu'Annie Kriegel, alertée par le journaliste Thierry Wolton, apprit que les archives soviétiques commençaient à s'ouvrir, raconte Stéphane Courtois dans Le bolchevisme à la française. Elle décida immédiatement de s'y rendre et à peine rentrée, elle appela les chercheurs et les étudiants qui formaient avec elle l'équipe de la revue Communisme à" foncer". En effet à cette date, personne ne savait si ces archives allaient rester entrouvertes,s'ouvrir largement ou se refermer.(...). Nous avions l'impression d'avoir été parachutés derrière les lignes ennemies. L'institut du marxisme léninisme était gardé militairement, il fallait obtenir et montrer son propusk, et ensuite prendre contact avec des chefs de service qui étaient jusqu'à peu des personnes de toute confiance du Politburo. (..). Ce fut d'ailleurs notre chance. De 1992 à 1994 il n'y avait plus de politburo, et pas encore de loi sur les archives, et nous avons bénéficié de ce flou juridique pour accéder à des dossiers dont une partie, après le vote d'une loi par le parlement russe en 1994, a été refermée. (...) Toute l'histoire du PCF de l'entre- deux- guerres et de la guerre était là, sagement rangée dans des cartons dont je n'avais jamais imaginé l'existence, depuis vingt ans que je travaillais sur ce thème. (Extrait du Bolchevisme à la française)

 

 

 

 

 

 

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