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Les bombardements aériens pendant la seconde guerre mondiale

 

"Le but ultime de l'attaque d'une zone urbaine est de briser le moral de la population qui l'habite. Pour ce faire, nous devons parvenir à deux choses: premièrement, il nous faut rendre la ville matériellement inhabitable; et, second point, nous devons faire prendre conscience aux gens que leur vie est continuellement menacée. L'objectif immédiat est par conséquent de produire ce qui suit: 1/ La destruction et 2/ La peur de la mort"

Cette note de service de l'état major de la RAF en Septembre 1941 est l'un des innombrables et passionnants documents sur la guerre aérienne de 39-45 publiés par un historien britannique, professeur à l'université d'Exeter, Richard Overy, dans un ouvrage publié chez Flammarion sous le titre Sous les bombes, nouvelle histoire de la guerre aérienne. 600 000 civils européens trouvèrent la mort au cours de la seconde guerre mondiale en raison des bombardements et plus d'un million furent grièvement bléssés. Pourtant les tapis de bombes déversés sur des zones urbaines échouèrent à détruire l'économie nazie, et plus encore à déprimer les civils. Un constat d'échec partiel que Richard Overry documente sur plus de mille pages, grâce notamment à de nouvelles sources issues des archives de l'ex-Union soviétique: des documents de la Luftwaffe couvrant la période du Blitz, ainsi qu'une riche documentation sur le système de défense antiaérien et l'organisation de la défense passive en Union Soviétique ainsi que les toutes premières statistiques sur les victimes et les pertes soviétiques dues aux bombardements.

"Les rues étaient couvertes de centaines de cadavres. Des mères avec leurs enfants, des jeunes gens,des vieillards, brûlés, calcinés, intacts et dévêtus; nus et d'une pâleur cireuse, tels les mannequins des vitrines, ils gisaient dans toutes les positions possibles, calmes et paisibles, ou bien crispés, la lutte contre la mort peinte sur le visage" écrit le préfet de Police de Hambourg après le bombardement de sa ville en juillet 1943. Le nombre des victimes ne pourra jamais être établi avec certitude, écrit Overy, il oscille entre 34 000 et 40 000. Au cours de la semaine suivant les bombardements, un million de personnes s'enfuit de la ville.

Et pourtant ces terribles bombardements n'affectèrent l'économie allemande de manière significative que dans les derniers mois de la guerre. Et dans des proportions surprenantes: 20 pour cent seulement du potentiel allemand en terme d'ingénierie fut détruit depuis les airs. Et dans de nombreuses régions d'Allemagne, les destructions massives renforcèrent même le degré de dépendance des allemands envers l'état et le régime...

Richard Overy. Sous les bombes. Nouvelle histoire de la guerre aérienne. Flammarion.

 

 

 

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