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Mort de Staline : la trahison de Beria et de Malenkov

Beria et Malenkov refusent d'appeler des secours

Lorsque Beria et Malenkov arrivent vers trois heures du matin dans la Datcha de Staline, victime d'une attaque cérébrale, ils le trouvent en pyjama couché sur le plancher, appuyé sur son bras. Son pantalon est trempé d'urine et il est incapable d'articuler un seul mot, répondant seulement par des grognements aux inquiétudes des gardes. C'est une attaque cérébrale. Pourtant les deux hommes refusent d'appeler des secours malgré l'insistance des gardes du corps.

Staline victime d'une attaque cérébrale reste douze heures dans son urine

« Vous voyez bien que le maître dort profondément, dit Béria aux officiers de sécurité. Ne troublez pas le sommeil du camarade Staline». Comme les gardes du corps inquiets continuent d'insister, Beria les insulte. «Comment a t-on pu embaucher des imbéciles comme vous pour veiller sur le camarade Staline». Lorsqu'il sera sûr que le dictateur est bien mort ( le 5 mars 1953), il s'exclamera devant Molotov et Kaganovitch « je l'ai eu, je vous ai sauvé la peau». L'aube glaciale perce à travers les sapins et les bouleaux du jardin de Kountsevo. Douze heures après son attaque cérébrale, Staline gît toujours dans son urine, sans que personne n'ait appelé des médecins. Il faut organiser sa succession et le Politburo s'affaire.

Le tyran a t-il été assassiné?

Cette scène hallucinante est l'un des passages passionnants de la biographie de Staline ( Staline, la cour du tsar rouge) de Simon Sebag Montefiore, rééditée en livre de poche par les éditions Perrin. L'auteur a consulté d'innombrables documents d'archives et rencontré de nombreux témoins de l'époque pour dresser le portrait saisissant d'un tyran sanguinaire, responsable de vingt millions de morts et de sa clique mafieuse. Le tyran a t-il été assassiné?

Simon Sebag Montefiore. Staline, la cour du tsar rouge. Éditions Perrin

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+ L'attaque cérébrale dont est victime Staline intervient en pleine hystérie antisémite. On torture des médecins juifs pour leur arracher des aveux imaginaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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