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La mort de Ben Laden est bien loin d'avoir mis un terme aux activités des terroristes islamiques

La mort de Ben Laden est bien loin d'avoir mis un terme aux activités des terroristes islamiques, et l'on serait même tenté de penser le contraire à la lecture du livre de Barthelemy Courmont L'après Ben Laden, l'ennemi sans visage, paru chez Bourin.

Un ennemi insaisissable.

La nébuleuse Al Qaida est insaisissable plus encore sans doute que lorsqu'elle disposait de bases arrière en Afghanistan. " Le lien entre les terroristes et certains états n'est pas pour autant impossible,mais il est en voie de disparition progressive car il offre une trop grande visibilité à ceux qui combattent les réseaux du crime". On est loin de l'époque où les commanditaires de la guérilla étaient clairement identifiés, comme en Amérique Latine, où l'Union Soviétique intervenait via Cuba. Invisibilité qui est même poussée à l'extrême, puisque les réseaux terroristes et leurs cadres évitent de communiquer pour ne pas être repérés par les Services occidentaux.

Des passerelles avec les guérilleros des années 70

Il n'en reste pas moins que la nébuleuse terroriste applique certains des principes des guérillas des années 70 en prétendant défendre les opprimés face aux "croisés"occidentaux. Et Courmont de citer Noam Chomsky "si l'on veut expliquer le réservoir de sympathie dont disposent les réseaux Ben Laden, il faut partir de la colère que provoque le soutien des Etats-Unis à toutes sortes de régimes autoritaires ou dictatoriaux". Peut-être aurait-il valu la peine pour éclairer les lecteurs d'indiquer que Chomsky est un linguiste et philosophe américain engagé dans le mouvement anarcho-syndical.

Une guerre de religion

Que les terroristes islamiques recrutent parfois leurs combattants dans des milieux défavorisés qui se considèrent comme des victimes de la société occidentale, est une chose, mais privilégier cette interprétation est faire peu de cas de la connotation religieuse du combat, qui différencie d'ailleurs fondamentalement les combattants d'Al qaida des guérilleros du Che ou des troupes Vietcong, même si la fidélité au marxisme-léninisme s'apparentait alors à une véritable religion. Dans le cas de la nébuleuse islamique, il ne s'agit pas de mobiliser les "travailleurs" contre les classes dirigeantes, mais d'unir l'Umma, la communauté des musulmans,contre les infidèles. D'aucuns regretteront que le livre de Courmont n'analyse pas davantage cette composante religieuse.

Contre certaines idées recues.

L'après Ben Laden fait une bonne synthèse de ce qu'il faut penser de cette guerre asymétrique et combat, ce qui est important, certaines idées reçues comme celle qui faisait d'Al qaida une organisation pyramidale avec une structure de commandement envoyant ses instructions aux commandos du monde entier. "Tout nous incite à penser que les organisations de type Al Qaida n'ont pas de structure, donc n'existent pas d'un point de vue organisationnel" note Courmont avec justesse. Un livre à lire.

Barthelemy Courmont. L'après Ben Laden, l'ennemi sans visage, Bourin.

Pour aller plus loin:
- Les organisations terroristes sont de plus en plus impliquées dans des activités de type mafieux

- La contre insurrection en question. Aucune grande puissance n'a échappé, au siècle dernier, à une défaite politique et à une impasse militaire dans une guerre de contre-insurrection.

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Le terrorisme international après la mort de Ben Laden