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A l’hôtel Les Dames du Panthéon

Paris: un hôtel vraiment original cet Hôtel les Dames du Panthéon où les chambres ou suites de chaque étage évoquent l’univers de femmes célèbres: Edith Piaf, George Sand, Juliette Greco, Marguerite Duras…mais aussi celui des cocottes, et des signares ou Vénus métisses.
Alors n’hésitez pas pour votre prochain séjour à Paris: et réservez donc une nuit ou deux aux Dames du Panthéon ( rien ne vous empêche d’ailleurs de changer de chambre au cours du séjour…). L’emplacement est fabuleux. Si vous réservez une chambre qui donne sur la place, la vue est spectaculaire.

La place du Pantheon à Paris

A chaque étage donc son style. Par exemple, celui des Cocottes femmes intelligentes et dotées d’une séduction irrésistible, explique t-on, qui sauront profiter de la faiblesse masculine face à leurs charmes…Valtesse de la Bigne,l’une de ces célèbres courtisanes, inspirera notamment Emile Zola, ou encore les peintres Edouard Manet et Gustave Courbet. L’étage, tout de rouge tendu, fait la part belle aux ambiances coquines des boudoirs de l’époque, et l’éclairage des chambres jette des lueurs sensuelles.

L’hôtel est au quartier latin, tout près du 6e arrondissement et du boulevard Saint-Michel qui marque, en descendant vers la Seine,la frontière avec Saint-Germain-des-Prés. Rien de plus facile donc, en vous promenant à pied, de prendre un verre au Flore et d’aller ensuite acheter un livre chez Vrin la grande librairie philosophique de la place de la Sorbonne…

Quartier latin, Saint-Germain-des-Prés, bords de la Seine, vous serez à quelques minutes des plus beaux quartiers de Paris en dormant aux Dames du Panthéon

Site de l’hôtel

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Débarquement de Normandie: le château des Seabee à Sainte-Honorine-des-Pertes

Peu de personnes se souviennent encore de nos jours que les Seabee US (unité de génie militaire de l’US Navy) avaient pris pour emblème après le débarquement de 1944 une  demeure du petit village de Sainte-Honorine-des-Pertes dans le Calvados.

La maison, appelée le Château de la Vallée,  et baptisée le Seabee Castle, se trouve à côté de l’église du village. Les militaires américains avaient peint la demeure sur bois comme le montre la photo ci dessous.

Le château de la Vallée, dont les propriétaires étaient restés sur place, avait été occupé par l’armée allemande qui avait notamment installé des batteries d’artilleries sur le cours de tennis de la propriété, puis avait ensuite hébergé  des officiers américains.

Le Seabee Castle US

L’emblème peint sur bois des Seabee US representant le château de la vallée de Sainte-Honorine-des-Pertes

Sainte-Honorine-des-Pertes: on aperçoit les tours du château de la Vallée

La place du village de Sainte-Honorine-des-Pertes en 2017

Le bord de mer à Sainte-honorine des Pertes

Le bord de mer à Sainte-Honorine-des-Pertes

Sainte-Honorine-des-pertes: la petite route descendant à la mer

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Bayeux, la belle ville de Normandie

Bayeux est devenue l’une des villes les plus attrayantes de Normandie, une belle ville dans tous les sens du terme, avec ses maisons anciennes, ses hôtels particuliers soigneusement rénovés, chauffant au soleil normand leurs belles façades, et les dentelles de pierre de sa cathédrale que l’on aperçoit de loin à l’horizon lorsqu’on arrive par la route de Caen.

Bayeux n’est pas une ville morte, mais une agglomération bien vivante, avec de bons et solides commerces installés le long de la grande rue commercante du centre, la rue Saint-Patrice et sa prolongation la rue Saint-Jean. Si vous avez le temps, arrêtez vous à la Pâtisserie de la reine Mathilde, et goutez leur voluptueuse tarte aux pommes. Vous vous direz certainement que vous n’en aviez jamais mangé auparavant une aussi bonne….

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Salomé la magnifique de Richard Strauss

Salomé, la Magnifique: Opéra de Richard Strauss par l’Opéra National du Rhin. Mise en scène par Olivier Py

par Alice Blanc

Relatant le récit biblique conté dans les évangiles de Marc et de Matthieu, « Salomé » n’a jamais cessé d’inspirer musiciens et auteurs tant ses thèmes universels et atemporels (le désir, le pouvoir, la folie entre autres) raisonnent encore avec vigueur dans notre société.

Cet opéra en un acte de Richard Strauss a choisi la version d’Oscar Wilde sous la plume duquel c’est une Salomé spirituelle qui se dessine, une jeune femme en quête d’absolu qui n’est pas simplement la séductrice invétérée que l’Histoire retiendra.

Campée par la talentueuse Helena Juntunen, elle se fait presque même figure prophétique lorsque sa bouche déclare que : « Le mystère de l’amour est plus grand que le mystère de la mort ». C’est une femme en devenir qui oscille encore fébrilement entre le monde léger de l’enfance et celui de la maturité emprunt de tragique.
Cette innocence transparaît au travers de la scène où, vêtue d’une coiffe et d’un costume d’Indienne, elle semble perdue dans la forêt vierge comme déjà prise au piège son propre jeu qui se refermera fatalement sur elle.

Outre le personnage de Salomé, c’est également un Jean-Baptiste contrasté que nous retrouvons. Robert Bork qui prête sa voix et ses traits au prophète est loin de l’image lisse qu’on pourrait lui attribuer. En effet, ce Jean-Baptiste est vulnérable car en proie à une lutte intérieure entre son corps de chaire, qui doit résister aux charmes de Salomé, et son message de fidélité au Messie qu’il annonce. Jean-Baptiste, malgré la position de la croix qu’il adopte comme un effet de miroir avec le Jésus qui l’accompagne, n’est donc pas un reflet de son maître fait de bois.

Au-delà des mots, les corps parlent dans cet opéra où la danse finale de Salomé peut être vécue comme une sorte de mise à mort tant les mouvements de la jeune femme transpirent plus la peur que la séduction. Strauss joue avec virtuosité avec la musique qui nous ferait presque entendre les larmes étouffées de Salomé qui réalise que sa danse sonne l’arrivée de quelque chose de tragique.

De plus, le corps est aussi utilisé comme un outil au service d’une critique de notre société notamment lorsque des corps dévêtus se livrent à ce qui ressemble à une orgie sur fond de buildings et sous une pluie de billets.
Un peu plus tard, c’est sous le regard d’un Jésus pendu par les pieds, que ces mêmes individus continueront leurs ébats comme pour dénoncer visuellement la perte de valeurs morales qui règne. La phrase de fin inscrite en lettres étoilées : « Gott is tot » (« Dieu est mort ») empruntée à Nietzche corrobore cette idée de perte de fondations et le besoin de réparation de ce monde devenu chaotique.

Salomé aussi sera présentée sous le regard de Jésus mais cette fois c’est un Jésus, monté aux Cieux qui semble pardonner à la jeune femme qui a également choisi le sacrifice par amour mais sans en avoir pris pleinement conscience.

Salomé est un opéra exigeant qui pousse ses chanteurs aux limites des prouesses vocales notamment lorsque le personnage phare demande fougueusement qu’on lui apporte la tête de Jean-Baptiste ou qu’elle sombre doucement dans la folie en embrassant ce visage aux yeux clos. Sa passion ardente a fini par la consumer et la perdre sans que l’objet de son désir n’ait pu lui offrir de réponse.

D’ardeur et de folie à la limite du ridicule, il est aussi question au travers d’Hérode qui, se rendant compte de la portée de sa promesse, va tenter d’acheter Salomé par tous les moyens que ce soit avec des pierres précieuse ou des colliers de diamants. Le rythme de la musique devient haletant comme l’homme qui perd les mots, cherche à gagner du temps et convaincre la jeune femme de revenir sur son choix.

Le parallèle avec le mythe de Faust est ici incontournable et habilement suggéré par la présence d’un ange rouge présent chaque fois que la mort approche ou qu’elle est survenue. C’est ce même démon qui s’emparera de la bague d’Hérode signe d’un pacte tacite qu’il a accepté de signer sans le savoir en vendant sa morale contre son désir tout comme sa belle-fille qui suivra son chemin.

La mise en scène d’Olivier Py sur ce « Salomé » de Strauss dépoussière ce classique en insufflant un vent de dynamisme et une force vitale sur cette œuvre considérable à ne pas manquer.

A voir à :

STRASBOURG les 19 mars à 15h, 22 mars à 20h
MULHOUSE les 31 mars à 20h, 2 avril à 15h

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