www.a-lire.info
Le magazine des livres

trafic d'armes et contre-societe

Trafic d'armes: des quartiers entiers des villes europeennes livrés aux gangs

Les populations européennes constatent de manière récurrente que des quartiers entiers de leurs agglomérations s’extraient du « monopole de la violence légitime » des Etats. Devenus parfois des Etats dans l’Etat, ces parties de villes adoptent des codes, des signes de reconnaissance et par dessus tout des pans totalement parallèles de l’économie. Le trafic de stupéfiants y règne de manière croissante, couplé la plupart du temps à d’autres activités illicites (prostitution, vols, recels…).

Trafic d'armes: de petites armées face aux forces de l'ordre

Le trafic d’armes à feu et maintenant d’armes de guerre donne désormais aux acteurs qui y vivent une capacité de dissuasion non négligeable face aux habitants ainsi soumis à la loi du silence mais également face aux forces de l’ordre logiquement plus hésitantes avant de pénétrer dans ces quartiers.Une sorte de contre-société prend naissance au fil des années. Les armes à feu permettent la constitution d’une sorte de petites armées capables de se servir à tout moment dans des armureries (communs, logements, boxes, parkings fermés) pour défendre les territoires, y compris avec des capacités de projection en dehors des quartiers tenus, d’une justice (capacité à régler les comptes des caïds), des chefs (les caïds locaux) accompagnés de leurs conseillers et affidés, une diplomatie (des émissaires chargés de conclure des ententes entre clans et malfaiteurs), un Produit Intérieur Brut (la drogue, les voitures, l’objet du recel) et des drapeaux et signes de reconnaissance (tatouages, graffitis, signes…).

Trafic d'armes: un risque de rébellion face aux États.

Les filières du trafic d’armes ont par conséquent une responsabilité nettement plus importante que les règlements de comptes déjà générateurs de morts violentes. Ces filières illicites sont la pierre angulaire d’une contre-société qui risque dans l’avenir de se rebeller face aux États, même sans stratégie ou projet politique, non seulement pour refuser les codes nationaux établis, mais également pour imposer les leurs.

 

Pour en savoir plus :

Jean-Charles Antoine
Au cœur du trafic d’armes. Des Balkans aux banlieues
Editions Vendémiaire, 230 pages, Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous êtes sur la version mobile de A-lire.info

Des quartiers entiers de certaines villes européennes ont vu naitre des gangs qui finissent par composer une "contre-société" avec de petites armées, équipées grace au trafic d'armes, et qui risquent dans l'avenir d'affronter le pouvoir central pour imposer leur loi.