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Le trafic d’armes lors de l’effondrement de l’URSS

Au moment où l’Union Soviétique s’effondre en quelques jours, les armées des pays satellites et les soldats soviétiques déplacés en Europe de l’Est ne sont plus soldés, quasiment du jour au lendemain. L’ensemble de ces militaires se retrouvent confrontés au dilemme de servir leur patrie communiste en lambeaux et mourante, ou survivre en favorisant leur famille et le commerce local.
Très humainement, ces derniers choisissent de ne plus servir une entité politique disparue et face à laquelle ils n’ont plus à rendre compte.

Trafic d'armes : la grande braderie de l'empire communiste, armes, uniformes, médailles et véhicules militaires à vendre...

Un grand nombre d’armuriers, d’officiers des casernes et de gradés vendent leurs uniformes, leurs médailles, leurs véhicules, leur essence et leurs armes. Des centaines de milliers de fusils d’assaut de type Kalachnikov AK-47, AK-74, fusils longue portée Dragunov, pistolets Tokarev ou Makarov disparaissent ainsi dans la nature et quittent l’Europe centrale et orientale pour rejoindre l’Afrique, la Turquie ou l’Europe occidentale.

Trafic d'armes : les sociétés de protection privée font leur marché

Certaines de ces armes sont également immédiatement réinjectées à l’intérieur des sociétés civiles de ces pays pour être utilisées dans les domaines de la sécurité privée et du recouvrement de dettes. Les ex-militaires des services secrets, ex-sportifs de haut niveau et bandits reconvertis rachètent à très bas prix une partie de ces armes dès l’année 1990-1991 pour combler les besoins des sociétés privées en pleine création (pas moins de 5200 sociétés de ce genre créées en 1990 en Bulgarie).

Trafic d'armes: le cas de l'ex-yougoslavie

De leur côté les trafiquants yougoslaves (cigarettes, femmes, armes) ont vu toute l’opportunité de se servir dans les arsenaux militaires et armureries lors des quatre années de guerre entre 1991 et 1994 en Croatie puis en Bosnie. Un véritable commerce parallèle s’est mis en place entre Bosniaques, Croates et Serbes, souvent englobés dans des familles mixtes. Leurs rapports avec l’Italie limitrophe n’ont fait que renforcer ces liens avec les familles mafieuses, lesquelles se servaient également dès 1991 dans les arsenaux albanais de Tirana et Shköder. Les armes étaient alors acheminées dans ce dernier exemple par petites embarcations de migrants clandestins qui empruntaient le canal d’Otrante la nuit pour rejoindre les rives italiennes.

Trafic d'armes : de vieux aéronefs soviétiques servent au transport

Cette explosion de l’offre en armement léger venait à point nommé combler la demande occidentale ou africaine, permettant ainsi la mise en place de filières en seulement quelques semaines grâce à des aéronefs soviétiques laissés à l’abandon puis rachetés à très bas prix par leurs anciens pilotes. Le trafic d’armes à grande échelle était né.

Pour en savoir plus :

Jean-Charles Antoine
Au cœur du trafic d’armes. Des Balkans aux banlieues
Editions Vendémiaire, 230 pages, Paris.

 

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Les trafiquants d'armes ont tiré profit de l'effondrement de l'urss en achetant du matériel militaire qui a été livrés aux clients sur de vieux aeronefs soviétiques rachetés à bas prix par leurs pilotes