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Les filieres du trafic d'armes pendant la guerre froide

Trafic d'armes: la situation dans les zones "tampon" du côté communiste

A l’heure où les deux blocs s’opposaient, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin des années 1980, chacune de ces deux entités utilisait des territoires à leurs abords pour leur servir de « zone tampon » ou de profondeur stratégique face à une éventuelle invasion de la part du camp opposé. Cette guerre dite froide consistait, dans ce monde d’après-guerre devenu totalement manichéen, à faire imploser des crises armées dans le camp de son adversaire pour le déstabiliser et prendre sa place.

Trafic d'armes: chaque pays satellite ou membre de l'URSS avait une mission

Pour ce faire, dans le cadre de la Division Internationale du Travail prévue à Moscou dès 1961, chaque pays satellite et chaque république socialiste de l’Union Soviétique se voyait attribuer une mission particulière. Et la responsabilité de l’armement léger échoyait à la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne mais surtout la Bulgarie. La technologie de fabrication de ces armes légères nécessitait un savoir-faire assez modeste par rapport aux recherches dans le domaine nucléaire ou spatial. Le niveau de confiance assez bas accordé par le Kremlin à ces pays du Pacte de Varsovie déterminait la production en armes qu’ils devaient assurer. L’Ukraine, petite sœur et cœur historique de la Russie, conservait en revanche d’énormes stocks d’armes en guise de confiance et pour fournir des Etats du Proche Orient par le biais des livraisons maritimes via la mer Noire en partant des ports d’Odessa ou de Sébastopol en Crimée, ou par des liaisons aériennes depuis les aéroports de Kiev et Ivano-Frankovsk.

Trafic d'armes: la mission des services secrets de l'empire communiste

Les services secrets des pays concernés avaient quant à eux pour charge de disposer des intermédiaires dans les pays ciblés, mettre en place des réseaux et filières d’approvisionnement dotées d’un ou plusieurs rideaux de brouillage des intermédiaires, et assurer l’approvisionnement des armes sur les lieux d’emploi (guérillas marxistes d’Amérique latine, rébellions au Mozambique ou en Angola, groupes terroristes européens comme les Brigades Rouges, Action Directe ou le groupe Carlos).

Trafic d'armes: le rôle de la yougoslavie

En parallèle à ces canaux clandestins, la fédération yougoslave de Tito puis Slobodan Milosevic avait développé ses propres filières d’acheminement d’armes légères et de petit calibre en Europe occidentale. Pour ce faire, le socialisme que ce pays prônait leur permettait de lancer des initiatives commerciales avec l’Europe occidentale en plaçant des agents yougoslaves dans les sociétés d’import-export et de fruits et légumes pour effectuer du trafic de cigarettes et d’armes.


Quand l’URSS et ses satellites se sont effondrés en 1991, les filières existaient déjà pour approvisionner des armes à travers le monde entier. Il n’a donc suffi aux intermédiaires et officiers des services secrets de ces pays qu’à s’adapter à la demande issues des nouveaux conflits pour assurer l’offre et ainsi donner un essor sans précédent à ce trafic sur la base du capitalisme glorieux et du libre-échangisme vainqueur.

Pour en savoir plus :

Jean-Charles Antoine
Au cœur du trafic d’armes. Des Balkans aux banlieues
Editions Vendémiaire, 230 pages, Paris, mai 2012

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Les conséquences de la guerre froide sur le trafic d'armes international.Chaque membre de l'empire communiste avait sa mission.