Archives de catégorie : Opinions

Terrorisme et mondialisation: une approche critique

La mondialisation du de la terreur n’est pas phénomène nouveau, mais les progrès technologiques ont accru considérablement le potentiel destructeur des groupes terroristes et leur rayon d’action.
Le mal ne date pas d’hier. La sureté italienne, en septembre 1973, avait ainsi arrêté à Ostie, près de l’aéroport de Rome, un commando arabe muni de missiles Sam 7 soviétiques, qui s’apprêtait a attaquer des appareils israéliens. Et le sociologue américain Brian Jenkins estimait, lui, dès 1975 dans une étude pour la Rand Corporation que l’on s’acheminait vers des guerres sans états, menées par des révolutionnaires ou des mercenaires. Continuer la lecture

La souveraineté du people de Guillaume Erner

On a coutume de dire que la pipolisation de notre société est un phénomène récent, dû principalement  au développement du net et des réseaux sociaux. Pourtant,elle ne date pas d’aujourd’hui. Guillaume Erner, auto-proclamé avec humour « sociologue défroqué », dans son dernier livre  La souveraineté du people, publié par Gallimard, rappelle que Rousseau avait déjà remarqué en son temps que « l’homme sociable, toujours hors de lui, ne sait vivre que dans l’opinion des autres ». C’est  pour ainsi dire, avait-il continué,  » de leur seul jugement qu’il tire le sentiment de sa propre existence ». Tous ceux qui ne vivent, de nos jours, que par les clicks de leur page Facebook devraient méditer ces propos.

Peu importe de nos jours que l’on soit sans talent, la célébrité est devenue une valeur en soi. Erner, citant le sociologue Albert Hirschmann, fait remonter cet engouement au passage de l’idéal aristocratique ( ou héroïque) de l’époque féodale à la mentalité bourgeoise des Temps Modernes, la passion de la célébrité assurant la promotion du commerce, de la sociabilité et finalement de la concorde sociale. Un cadre tout trouvé pour que les marques s’engouffrent dans un marketing de nouveau type: lier un produit à une célébrité. Continuer la lecture

Les oeuvres de Foucault dans la Pléiade

Michel Foucault dans la Pléiade.

La bibliothèque de la Pléiade de Gallimard comporte maintenant une édition en deux volumes des oeuvres de Michel Foucault, publiée sous la direction de Fréderic Gros, avec Daniel Defert, Jean-François Bert, Daniel Defert, François Delaporte, Frédéric Gros, Bernard Harcourt,, Martin Rueff, Philippe Sabot, Michel Senellart. Index par Arianna Sforzini et Daniele Lorenzini.

« Michel Foucault n’a pas inventé une nouvelle philosophie: il a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il a réélaboré des notions qui sont devenues autant de balises pour des chemins de recherche: archéologie, généalogie, problématisation (…)Son oeuvre est difficile à situer:philosophie,histoire,littérature, fiction? Le plus remarquable,c’est qu’elle refuse toute spécialisation en s’appuyant pourtant sur une érudition ahurissante », écrit Gros dans une introduction de quelques pages à ces deux volumes.

Gros, archicube comme Foucault, et professeur de faculté, est l’auteur d’un excellent Que sais-je sur Foucault, qui fait partie avec le livre de Paul Veyne ( Foucault, sa pensée sa personne) des ouvrages de base à posséder pour aborder l’oeuvre du philosophe.

Le tome I des oeuvres de Foucault contient : introduction, chronologie, note sur la présente édition — Histoire de la folie à l’âge classique, suivi de Mon corps, ce papier, ce feu et de La folie, l’absence d’œuvre — Naissance de la clinique, une archéologie du regard médical — Raymond Roussel — Les mots et les choses, une archéologie des sciences humaines — Notices et notes. Numéro 607 de la collection.
Le tome II contient : chronologie, avertissement — L’archéologie du savoir — L’ordre du discours — Surveiller et punir, naissance de la prison — Histoire de la sexualité I, La volonté de savoir — Histoire de la sexualité II, L’usage des plaisirs — Histoire de la sexualité III, Le souci de soi – Articles, préfaces et conférences — Notices et notes, bibliographie, index. Numéro 608 de la collection.

Toute l’ œuvre de Foucault pose, et déplace, la question de la vérité. « Et j’ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c’est tout de même de la vérité que je m’occupe, je suis malgré tout philosophe. » Un philosophe, donc, mais attaché à des objets nouveaux – la folie, la prison, la sexualité – et au matériau des historiens, l’archive.

Philosophe « malgré tout », historien des systèmes de pensée, archéologue du savoir, expérimentateur déclaré (« j’écris pour me changer moi-même »), homme engagé et penseur influent, Michel Foucault (1926-1984), fils de chirurgien, fut aussi un écrivain tranchant.

 » Foucault n’est pas celui qu’on croit », écrit Paul Veyne, dans son petit livre ( Foucault, sa pensée, sa personne. Albin Michel) consacré au philosophe et ami, il n’était ni de droite,ni de gauche, « il ne jurait ni par la Révolution, ni par l’ordre établi ».
Michel Foucault. Oeuvres en deux volumes. Bibliothèque de la Pléiade. Gallimard.