Terrorisme et mondialisation: une approche critique

La mondialisation du de la terreur n’est pas phénomène nouveau, mais les progrès technologiques ont accru considérablement le potentiel destructeur des groupes terroristes et leur rayon d’action.
Le mal ne date pas d’hier. La sureté italienne, en septembre 1973, avait ainsi arrêté à Ostie, près de l’aéroport de Rome, un commando arabe muni de missiles Sam 7 soviétiques, qui s’apprêtait a attaquer des appareils israéliens. Et le sociologue américain Brian Jenkins estimait, lui, dès 1975 dans une étude pour la Rand Corporation que l’on s’acheminait vers des guerres sans états, menées par des révolutionnaires ou des mercenaires.
Jenny Raflik, dans son récent livre Terrorisme et Mondialisation paru dans la Bibliothèque des Sciences humaines de chez Gallimard a voulu dégager les liens entre le terrorisme et la mondialisation depuis le milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours. Une tache colossale, trop ambitieuse peut-être, même en près de 400 pages. Le terrorisme, note elle même Raflik, dans sa conclusion, tend à devenir un phénomène de plus en plus insaisissable.
Ne serait-ce d’ailleurs que par sa définition: Maurice Merleau-Ponty allait même jusqu’a distinguer deux formes de violence, celle hypocrite et dissimulée de la société bourgeoise, et celle des révolutionnaires. »il n’y a, écrivait-il, que des violences et la violence révolutionnaire doit être préférée parce qu’elle a un avenir d’humanisme ».
On serait tenté de dire: à chacun son terrorisme, sa définition étant, elle même sujette à caution; et on imagine la difficulté d’une approche critique des liens entre terrorisme et mondialisation,d’autant plus que les sources – les services de renseignements – sont en général très hermétiques pour la période contemporaine.
Raflik arrive néanmoins à classer les terrorismes dans trois grandes familles: le terrorisme d’inspiration révolutionnaire, le terrorisme ethnonationaliste, et le terrorisme identitaire, dans lequel elle range le terrorisme islamique, et son livre a le mérite de battre en brèche certaines idées reçues comme celle du mythe du terroriste Robin des Bois. Le terroriste, écrit Raflik,n’est pas forcément un homme pauvre. Un livre a garder dans sa bibliothèque et à consulter pour mieux comprendre la genèse de notre monde.
Jenny Raflik. Terrorisme et mondialisation. Approches historiques. Bibliothèque des sciences humaines. Gallimard.

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