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Présentation de romans autrichiens

La grande chute de Peter Handke: un roman qui ne se livre pas de lui même. Il faut le déchiffrer, mais le voyage vaut la peine

C'est un voyage, un pèlerinage, la marche d'un homme vers la conscience du Monde, une conscience que cet homme, comédien de profession,sait mieux appréhender et ressentir que quiconque.> Le monde qui l'entoure se dissoudra en lui, il deviendra ce monde, ses espoirs, et sa haine. N'est-il pas habitué à tous les rôles même s'il y a longtemps qu'il ne les joue plus? La grande chute est du Peter Handke, pur et dur, avec cette langue puissante et charnelle, mais aussi allégorique et mystérieuse qui caractérise celle du grand écrivain et dramaturge autrichien. C'est la journée d'un homme réveillé par un coup de tonnerre et qui s'achèvera par la "Grande Chute". Suite
Peter Handke. La grande chute. Gallimard


Stefan Zweig et Magellan, par André Birukoff

Jamais un traitre ne sera rentré dans l'histoire avec autant d'éloges. Sans doute parce que l'exploit qu'il a réalisé a fait oublier la traitrise qui en est à l'origine. Fernand de Magellan, traitre à sa patrie, le Portugal, s'est mis au service de l'Espagne pour être le premier à découvrir un passage, jamais franchi avant lui, au sud du continent américain et commencer le premier tour du monde de l'Histoire.

Sur les portraits qu'on a de lui Magellan a bien la tête du traitre d'opérette : des yeux sombres à moitié clos, les joues creuses mangées par une longue barbe d'ayatollah, le tout coiffé d'une étrange toque. Il était de petite taille, a-t-on rapporté, et claudiquait comme le diable suite à une blessure au genou.
Heureusement pour lui les historiens n'ont pas retenu que cet aspect caricatural du personnage. L'un de ses biographes, Stefan Zweig, lui a, à juste titre, tressé les lauriers qu'il mérite pour avoir, sinon réalisé entièrement du moins initié, un voyage qui, à notre époque, aurait pour équivalent le premier et unique vol habité sur la lune. Suite

Magellan. Stefan Zweig. Livre de poche.


Romancier autrichien.
Thomas Bernhard
"Mes prix littéraires" : les "trous du cul" et les autres...

Il est rafraîchissant de constater, alors que la mode est au politiquement correct, au «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», que les grands esprits font bien la différence entre les «trous du cul» et les autres. C’est le cas de l’autrichien Thomas Bernhard, considéré comme l’un des plus grands romanciers et dramaturges de langue allemande dont le dernier recueil publié chez Gallimard sous le titre Mes prix littéraires est un véritable régal.

«Trous du cul», par exemple, les membres du Sénat des Arts de Vienne qui décernent le «petit» et «grand» prix autrichien de littérature: «Chaque année de nouveaux trous du cul sont élus à cette assemblée, qui se nomme Sénat des Arts et qui représente un mal inexpugnable et une absurdité perverse au sein de notre état».«Meine Preise», récit satirique de toutes les cérémonies et grandes déclarations accompagnant les prix littéraires ( en l’occurrence, ceux décernés à Bernhard lui-même) est une charge cinglante contre tous les imbéciles, ignares, et prétentieux. Le président de l’académie des sciences, un certain Hunger, remettant le prix Grillparzer à Bernhard,cite des noms de pièces qu’il n’a pas écrites, la ministre Finberg ronfle pendant la cérémonie « de ce discret ronflement de ministre connu dans le monde entier» et lors de la remise du prix du Cercle culturel de la fédération de l’industrie allemande, le président Von Bohlen und Halbach se trompe de sexe pour les récipiendaires... Suite
Thomas Bernhard. Mes prix littéraires. Gallimard.

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