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Un roman d'aventures et d'idées de Jose Manuel Fajardo: Mon nom est Jamaica

Un va et vient incessant entre notre époque et celle des conquistadors.

Santiago Boroni est persuadé d'être juif : pour lui c'est une évidence et cette étrange révélation l'a frappé après deux morts successives : celle de sa femme, emportée par un cancer et celle, dont il se sent profondément responsable ; de son fils, qui vient de périr dans un accident de voiture. L'énigme de cet homme à la recherche d'une identité est le thème du dernier livre de l'Espagnol José Manuel Fajardo « Mon nom est Jamaïca » publié aux éditions Métaillé.


Dana Serfati, la narratrice, qui elle est juive, a toujours éprouvé pour Santiago Boroni une attraction à la fois charnelle et intellectuelle. Spécialisée comme lui dans la culture juive sépharade, elle est littéralement fascinée par la folie subite de « Tiago » comme tous ses amis l'appellent. Devenue sa maitresse, elle se fait un devoir de le suivre dans un périple palpitant de six jours, aussi terrible et désespéré qu'une guerre, et qui emmène le couple de Paris à Grenade en passant par Tel-Aviv.


« Mon nom est Jamaïca », répond Santiago à ceux qui veulent encore l'appeler « Tiago ». « J'ai décidé d'être un tigre, de combattre bec et ongles toute cette injustice qui m'entoure, de prendre parti pour les victimes et de crier la vérité même s'il elle dérange», déclame-t-il en forme de profession de foi. Tout au long d'un voyage chaotique aux côtés de son compagnon, Dana lit un texte du 17e siècle, l'histoire d'un juif qui a suivi les conquistadors en Amérique après s'être converti au christianisme pour échapper à l'Inquisition. Lui aussi se faisait appeler « Jamaïca » et son histoire éclaire, par delà les siècles, le comportement de Santiago Boroni.


Mais que « Tiago » soit juif ou non devient finalement secondaire. C'est avant tout pour lui une manière de choisir son camp, celui des opprimés et des humiliés de toutes les origines et de toutes les époques. « Pour moi, la condition juive ne vient pas seulement du sang et de ce qui nous différencie, bien au contraire : elle vient de ce qui nous unit, du territoire commun que tout être humain partage, celui de la douleur, celui de la fierté d'être ce qu'on est et de la peur d'être persécuté pour ce qu'on est », explique-t-il dans un rare moment de lucidité.


José Manuel Fajardo mène avec brio un va et vient incessant entre notre époque et celle des conquistadors. Il tient le lecteur en halène tout au long d'un passionnant récit à la fois roman d'aventures et roman d'idées.
André Birukoff.
José Manuel Fajardo. Mon nom est Jamaïca. Métaillé.


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