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Rouge sur rouge, un roman de Edward Conlon

 

"Le fait de soulever la bande jaune lui faisait toujours le même effet que franchir la corde en velours d'un night-club; ce petit frisson était toujours là chez lui, intact - les regards de la foule, des flics et des chefs,les bleus comme les anciens, accueillant l'arrivée de la brigade comme des VIP à une première".

Nick Meehan est inspecteur à la police de New-York, la célèbre NYPD, et son coéquipier est un certain Esposito. Esposito est plutôt baraqué, extraverti, prêt à en découdre, Meehan est plus sobre et réservé. Et pour corser le tout, Meehan est chargé de surveiller discrètement son collègue, soupçonné d'avoir touché de l'argent de la pègre New-Yorkaise.

Les attelages improbables de flics, un grand classique au cinéma, sont moins courants en littérature policière. Surtout quand il n'y a pas véritablement d'enjeu, ni de bon ou de méchant, ni de caractères vraiment opposés. Rouge sur rouge - Red on Red - c'est pas un policier comme les autres. Pas de coupable à démasquer, pas de tueur à gages qui menace de tirer sur la foule à chaque page. Rouge sur rouge est simplement l'histoire de deux flics de New-York affectés dans des quartiers pourris. L'histoire d'un couple de flics qui pourraient s'opposer, mais finissent par s'apprécier. Lors de manoeuvres militaires, les deux camps sont généralement désignés en tant que "rouges" et "bleus". Rouge sur rouge évoque donc l'attaque d'un camp contre les siens. Dans les bas fonds de New York, la pègre se fait souvent justice elle même...

Rouge sur rouge ne devrait laisser indifférent aucun amateur de littérature policière car son auteur Edward Colon a passé plus de 16 ans au NYPD. Ce qui explique que les quelque 600 pages de son roman ( le premier ) ne sonnent jamais faux. "Au Dépôt central, il y avait toujours un climat très particulier, plus ou moins lourd, mais toujours la même combinaison de ressentiment, de désespoir et d'odeur de sous-vêtements trop longtemps portés. Ca sentait moins mauvais quand on laissait les détenus fumer. L'éclairage était jaune, semblable à de la graisse figée,mais faiblard, comme s'il venait d'une boite de conserve". Ca ne s'invente pas.

Le roman de Conlon est servi par une excellente traduction de Sophie Bastide-Foltz.

Edward Conlon. Rouge sur rouge. Actes Sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rouge sur rouge de Edward Colon est un roman de près de six cent pages sur deux flics de New York et leur attelage improbable. Colon a passé seize ans à la police de New York ce qui donne à cette fiction une grande authenticité.