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Un roman décoiffant de l’écrivain colombien Santiago Gamboa.

Une hypthèse terrifiante: Bogota assiégé par la Narco-guerilla

La guerre fait rage en Colombie et Bogota est assiégé depuis des mois par la narcoguerilla. Le gouvernement a fui à Carthagène, sur la mer des Caraïbes, et les envoyés spéciaux du monde entier restés dans la capitale traînent sous les bombes à la recherche du «papier». Nous sommes en pleine fiction certes, et la guérilla colombienne n’a jamais assiégé Bogota, mais - première habileté de Gamboa - nous ne sommes pas en plein délire. Allez donc savoir ! si un jour...à la suite d’un retournement de situation...les guérilleros des Farc ...l'hypothèse est terrifiante et cela suffit pour insuffler ce brin de réalité dont tout romancier a besoin.

Des personnages criants de réalité

Gamboa s’en donne à coeur joie avec des personnages dont les traits sont tirés a l'extrême mais qui sont criants de réalité. L’intrigue est simple: deux reporters enquêtent sur un trafic d’armes entre la zone «gouvernementale» et les insurgés. Et quels reporters! La première, une belle islandaise, prénommée Bryndis, est une ivrogne qui se réveille au début du roman entièrement nue, entourée d’effluves de tabac et de vodka et sans savoir pourquoi il y a un paquet de préservatifs entamé à coté de son lit. Le deuxième est l’envoyé spécial d’un journal Maltais, Olal K Terribile, qui a couvert quatre guerres avec la belle islandaise, sans jamais réussir à lui avouer son amour. Un professionnel qui «faisait son travail avec application et qui dormait la conscience tranquille» écrit Gamboa. Olaf le grand timide note tout sur un petit carnet avec application, avec la date et l’heure de ses annotations.Et les voila pour les besoins de leur enquête dans une discothéque. Pendant que Bryndis une bouteille d’eau de vie à la main cherche à soutirer des informations à un officier en lui permettant de peloter ses seins, Olaf noue des contacts avec une tapineuse. Un portrait «de guerre» à envoyer à son journal? L’interview de la tapineuse qui travaillait pour une agence de presse allemande,vaut son pesant d’or : Franz le chef de poste sort un jour de la douche en bandant et lui demande de le sécher: «J’ai vu son ventre de poils blonds avec en dessous un zizi tout rose en érection, des hanches blanchâtres pleines de stries, de boutons et de taches de rousseur, et des fesses a la peau tombante, comme celle des éléphants.C’était horrible » explique t-elle, « J’ai écarté les cuisses et je l’ai sucé pour 600 dollars la semaine». Mais lorsqu’elle découvre à la discothèque que les journalistes étrangers paient 300 dollars la passe elle n’hésite pas : «Quitte à le faire, autant être payée très cher». Pleine de gentillesse pour Olaf, elle prend alors ses mains et les pose sur ses cuisses.

Histoires de journalistes

On se croirait le soir au bar d’un hôtel, en pleine guerre civile, quelque part dans le monde, en train de boire des verres avec des journalistes qui racontent leurs bonnes histoires. Disons pour ceux qui ne connaissent pas la presse, que les moeurs ont eu tendance a évoluer depuis la généralisation du téléphone satellitaire et des consoles portables, mais il en reste des traces...


Gamboa est un ancien journaliste devenu diplomate

Le colombien, ancien journaliste à l’AFP devenu diplomate, sait trouver les mots pour camper caractères et ambiances et les dialogues sont décapants. Quand il le veut, Gamboa écrit presque de la poésie : « Le temps pluvieux et bouché, en plus de la fumée des incendies, empêchait la lumière de passer et avec une atmosphère pleine de cendres, les rues ressemblaient à des images d’un vieux poste de télévision noir et blanc».

Santiago Gamboa. Le siège de Bogota. Métailié

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Alberto Barrera. La maladie.

On croit commencer un énième roman sur le cancer la maladie, et la mort, mais «La Maladie» du vénézuélien Barrera fait monter très rapidement le suspense, et l’angoisse, et plonge le lecteur en plein cauchemar avec deux intrigues parallèles habilement entremêlées.
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Une superbe fiction de l'espagnol Del Valle

La neige et la glace ont figé la nature et les hommes. Elles projettent une aveuglante lumière blanche sur un champ de ruines, les ruines de Leningrad, ville martyre, assiégée depuis plus de deux ans par la Wehrmacht à laquelle se sont joints des volontaires espagnols de la Division Azul. Nous sommes fin 1943, et l'armée Rouge s'apprête à dégager enfin l'ancienne capitale des tsars par une contre-attaque victorieuse. Pour le soldat Arturo Andrade, enrôlé dans la Division Azul, le temps presse. Choisi pour ses anciens talents de détective, il n'a que quelques jours pour éclaircir une série de meurtres rituels d'une extrême violence : gorge tranchée, cœur arraché, corps coupé en deux.
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Luiz Alfredo Garcia-Roza. L'étrange cas du Dr Nesse

Depuis son divorce le commissaire Espinosa a pris goût à la «malbouffe». Il oblige ses subordonnés à partager d’énormes hamburgers dégoulinants de ketchup et les pizzas de la trattoria du coin sont pour lui un luxe gastronomique. Solitaire et silencieux, il est aussi l’un des rares flics intègres de Rio de Janeiro et c’est naturellement à lui que le Dr Nesse s’adresse pour démêler une mystérieuse affaire criminelle.Mais le commissaire Espinosa n’est pas James Bond. Il serait plutôt dans la lignée d’Hercule Poirot ou de Sherlock Holmes tout simplement parce que comme son nom l’indique -Espinosa est la forme hispanique de Spinoza- il vaut mieux réfléchir avant d’agir.
L’Etrange cas du Dr Nesse. Luiz Alfredo Garcia-Roza. Actes Sud
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