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Le « Jour des morts » du Mexicain Francisco G. Haghenbeck

 

photo de couverture du jour des mortsLe « Jour des morts » du Mexicain Francisco G. Haghenbeck, publié aux éditions de l’Herne oscille en permanence entre vérité historique et invention littéraire

Avec Frida Kahlo Léon Trotski joue les amoureux transis. Amusée, Frida l’appelle « Piochitas » (La Barbiche). Trotski descend la téquila cul sec, comme de la vodka et s’enhardit à lui caresser la cuisse sous la table. Les plats mexicains lui font l’effet d’un aphrodisiaque. Le molé (sauce épicée au cacao) lui fait penser à la révolte. Le pulque (jus d’agave fermenté) le fait rajeunir. Dans les livres qu’il prête à Frida il glisse des billets doux. Ils se retrouvent en cachette et Frida le trouve « vigoureux et entreprenant ».

Trotski et Frida: la passion du vieux révolutionnaire

Pour Frida ce n’est qu’une petite aventure de plus. Elle veut surtout rendre jaloux Diego Rivera, son mari trop volage. Mais attendrie par la passion du vieux révolutionnaire, impressionnée ses discours enflammés, elle parvient à convaincre la mort d’accorder à Trotski un petit délai avant que le pic à glace de son meurtrier, Ramon Mercader, ne vienne lui transpercer le crâne. Le « Jour des morts » du Mexicain Francisco G. Haghenbeck, publié aux éditions de l’Herne oscille ainsi en permanence entre la vérité historique et l’invention littéraire, le réel et le surréel, le rêve et la réalité, fidèle en cela au « réalisme magique » chèr à la littérature latino-américaine.

Frida la boiteuse

Frida croise périodiquement la mort perchée sur un cheval blanc. A chaque fois elle marchande pour que la mort, qui rode autour d’elle depuis qu’elle est née, lui accorde un nouveau sursis. Dans son enfance Frida a été atteinte de poliomyélite et sa jambe droite atrophiée lui a valu le surnom de « Frida la Boiteuse ». Elle n’avait que 18 ans quand l’autobus qui la transportait a percuté un tramway : une barre de métal lui a traversé l’abdomen. Elle a gardé toute sa vie des séquelles de cet accident. Suite
André Birukoff

Francisco G. Haghenbeck. Le Jour des morts. L’Herne.

Francisco G. Haghenbeck est l'un des écrivains mexicains les plus intéressants du moment. Il a travaillé dans des musées et à la télévision en tant que réalisateur et producteur. Auteur, entre autres, de la série de BD Los 7 pecados capitales( Les sept péchés capitaux) pour le gouvernement mexicain, destiné à la dénonciation des délits, on lui doit également les romans : Martini Shoot (Trago Amargo, Denoël, 2011), El código nazi, Le jour des morts (Hierba Santa) et Aliento a Muerte. Il a reçu le prix de la nouvelle de Oaxaca ; le prix La Bisagra de Puerto Vallarta ; et le Prix National du Roman au Mexique pour Trago Amargo en 2006.

 

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