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Xenophobie et nationalisme en Russie

La Russie selon des études indépendantes, est devenue le premier pays au monde pour son nombre de skinheads, une mouvance qui désormais regroupe environ 50.000 personnes. Patriotisme, nationalisme et xénophobie sont les maitres mots de cette inquiétante évolution.

Qualifié par Vladimir Poutine de plus grande « catastrophe » du XXe siècle, le démantèlement de l’Urss a été pour les Russes un traumatisme aux allures d’humiliation. Réaffirmer la puissance russe est devenue une nécessité. Pour rassurer une population déboussolée, Poutine a choisi la méthode la plus simple c’est-à-dire la plus démagogique : l’exaltation du nationalisme et du patriotisme. Que cela conduise inévitablement à la résurgence de sentiments xénophobes n’est guère plus qu’un dommage collatéral, sans importance. La deuxième guerre contre la Tchétchénie « musulmane » a été un élément majeur de cette stratégie. Elle a permis à Poutine de renforcer son prestige tout en alimentant la xénophobie d’une jeunesse et d’une élite intellectuelle qui, de plus en plus, considèrent la religion chrétienne orthodoxe comme une alternative spécifiquement russe au « messianisme communiste » de l’époque soviétique.

C’est sur terrain qu’ont prospéré les organisations nationalistes comme par exemple l’association « Pamiat » (la mémoire) et le Parti national-bolchevik d’Edouard Limonov.

De plus en plus radicales, certaines sont proches des réseaux mafieux et se financent par le biais d’activités telles que la fourniture de services de sécurité privée. Anciens militaires et anciens policiers sont généralement leurs meilleures recrues. Parallèlement, à partir des années 2000 la violence des skinheads, bras armé de la mouvance nationaliste, agissent au grand jour et n’hésitent plus à organiser de véritables « pogroms » contre les émigrés. Les autorités ferment les yeux et certains pouvoirs locaux utilisent des groupes de skinheads pour faire régner l’ordre.

Une collusion sans doute encouragée par le pouvoir central alors que le parti présidentiel « Russie unie » milite ouvertement en faveur d’un « patriotisme éclairé » et d’un « nationalisme administré ».
André Birukoff

(Avec la Russie contemporaine, sous la direction de Gilles Favarel-Garrigues et Kathy Rousselet. Fayard).

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