www.a-lire.info
Le magazine des livres

 

Dieu me déteste de Hollis Seamon

Un roman de Hollis Seamon à lire avec le sourire aux lèvres et les larmes au fond des yeux.

par André Birukoff

Mauvaise nouvelle : Richard Casey n’a plus que 10 jours à vivre. C’est d’autant plus difficile à accepter qu’il n’a que 17 ans et que ses chances de survivre jusqu’à son 18e anniversaire sont plutôt mince. A côté de lui, dans une autre chambre, la jeune Sylvie subit à peu près le même calvaire.

Dieu me déteste de Hollis Seamon: des ados en soins palliatifs

Ces deux « ados » qui vont mourir sont en soins palliatifs à l’hôpital Hilltrop de New York. Ils ont le cancer. Pourquoi cette injustice ? Comment se fait-il qu’on puisse attraper le cancer avant même d’avoir eu 20 ans ? Tout simplement parce que Sylvie comme Richard souffrent d’un syndrome particulier : le SUTHY pour « Someone up there hates you » (Y a quelqu’un la haut qui vous en veut), devenu en français DMD pour « Dieu me déteste », le titre du dernier ouvrage d’Hollis Seamon aux éditions Anne Carrière dans la collection « Belle colère » qui rassemble des ouvrages dont les héros sont des adolescents.Un roman autobiographie en quelque sorte puisque Hollis Seamon, qui vit à New York, a passé d’innombrables journées à l'hôpital pour rendre visite à son propre fils.

Soif de vivre et de s'amuser

Alors, faut-il préparer son paquet de kleenex avant de lire « Dieu me déteste » ? Oui et non. Mais la plupart du temps plutôt non que oui parce que Richard et Sylvie ont une telle soif de vivre, de s’amuser, de faire la bringue et surtout de s’aimer qu’ils sont loin de passer leur temps à geindre dans leur fauteuils roulants respectifs. Comme les potaches qu’ils n’ont pas eu le temps d’être ils font des blagues, genre très mauvais goût, comme les Américains en raffolent le jour d’Halloween quand les enfants deviennent des fantômes, des monstres, des vampires et autres personnages maléfiques du même genre.


Le pavillon des cancéreux de l’hôpital Hilltrop se prête parfaitement à ce genre de mise en scène, estiment Richard et Sylvie, ne serait-ce que parce qu’à la sortie des ascenseurs, une joueuse de harpe (surnommé « harpie » par Richard) joue des airs tellement lugubres et désespérés que la plupart des visiteurs hésitent à aller plus loin. Souvent, ils rebroussent chemin sans demander leur reste. C’est là que Richard et Sylvie vont monter leur « spectacle ».


« On a enfilé nos déguisements franchement lugubres, et puis on s’est glissés sans bruit en fauteuil jusque dans le petit hall d’entrée, où on a pris la place habituelle de la harpie. On était assis là dans nos fauteuils, le visage peinturluré genre le masque de la mort – vert pâle avec les yeux cerclés de noir et des traînées rouges au coin des lèvres. (…) Sylvie avait confectionné une fourche rouge avec un pied de perf. (…) J’avais mis un des CD de rave party de mon oncle dans le lecteur qui reposait sur mes genoux et on poussait le volume à fond dès qu’un pauvre gars sortait de l’ascenseur. Alors je brandissais mon panneau – ET ON DESCEND – OUI, TOI !!!! »
Inutile de dire que l’hôpital est en ébullition les familles aussi et les médecins de même. Que faire avec ces deux « ados » enragés ? Les punir, alors qu’ils vont mourir ?

Hollis Seamon: humour noir et infinie tendresse

Tout l’art d’Hollis Seamon consiste faire sourire voire même rire avec un sujet qui ne se prête guère à la rigolade. Un tour de force qu’Hollis Seamon réalise en mêlant une bonne dose d’humour noir et une infinie tendresse. Car l’objectif des deux « ados » n’est autre que de passer une nuit ensemble.

A lire d’une seule traite. Avec le sourire aux lèvres et les larmes au fond des yeux.

Dieu me déteste. Hollis Seamon. Anne Carrière/La belle colère

 

 

 

 

 

 

Vous êtes sur la version mobile de A-lire.info

Présentation d'un roman de Hollis Seamon Dieu me déteste.




 


 

Heidegger, ecrits politiques