Un entretien avec Laurence Tacou, éditrice de l'Herne, à propos d' Albert Camus

1- Vous avez publié aux Editions de l’Herne un cahier Camus à l'occasion de son centenaire. Pourquoi pensez vous que Camus peut interpeller nos contemporains?

Je pense que Camus interpelle nos contemporains car, comme le dit très justement le directeur du Cahier M. Raymond Gay-Crosier, il est un « auteur sans frontières », que ces dernières soient temporelles ou physiques. Les sujets qu’il aborde au sein de ses œuvres - des conflits de la vie amoureuse à la demande de trêve civile en Algérie - traversent les générations et restent parfaitement actuels.

2- L’absurdité de la vie est l’un des principaux thèmes de Camus notamment dans le Le mythe de Sisyphe et L’étranger. L’actualité de Camus en 2013 n’est-elle pas liée notamment au sentiment d’absurdité qui envahit actuellement bon nombre de nos contemporains quand ils sont confrontés au monde?

Certes, Camus étudie et écrit sur l’absurdité de la vie mais c’est un auteur qui a su aborder des sujets beaucoup plus concrets également, qu’il s’agisse de la révolte ou de l’amour – amour des femmes, de l’humanité, de sa mère et de sa terre aussi.

3-Camus s’éleva contre tous ceux  qui justifiaient la terreur stalinienne au nom de l’histoire promue au rang de divinité. On a l’impression que sa critique de la dictature Léniniste est un peu passée sous silence de nos jours. Qu’en pensez vous?

En effet c’est probable ; je pense que si la critique de la dictature Léniniste est moins abordée actuellement, et notamment à l’occasion du centenaire Camus, c’est que le sujet peut sembler derrière nous, moins « contemporain » justement.

4- A titre personnel, quel est l’ouvrage de Camus que vous préférez ?

« Le premier homme » que je trouve particulièrement émouvant, notamment parce qu’il rend hommage à sa mère. Cette œuvre résonne avec une phrase touchante que Camus a proclamé lors de la remise de son prix Nobel : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice ». Cela dénote le caractère profondément humain de l’écrivain.

5- Les cahiers de l'Herne sont une collection très originale dans l'édition française car ils présentent les auteurs grâce à  un puzzle de textes, d'anecdotes, d'analyses, ou de commentaires, par lesquels le lecteur est amené à se forger lui même sa propre idée de l'auteur. N'y a t-il pas un risque que le lecteur puisse commettre des erreurs d'interprétation, notamment en ce qui concerne les philosophes? Le critique n'est il pas là pour "dire" la vérité des écrivains ou des penseurs?

Les Cahiers de L’Herne ne sont pas des ouvrages « critiques » à proprement parler, je dirais plutôt qu’ils sont kaléidoscopiques – ce qui permet justement non pas d'apporter aux lecteurs une vérité toute faite, mais de leur permettre de faire leur propre synthèse à la lumière des articles proposés

6- A quel auteur sera consacré le prochain «Cahier»? Si vous n’avez pas encore arrêté votre choix avez vous déjà une liste de «prétendants»?

Notre tout prochain Cahier, le n°104 qui sort en librairie le 6 novembre, sera dédié à Walter Benjamin. Suivront pour le début de l’année 2014, les Cahiers Weil, Picasso, Conrad…

 

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L'homme révolté d'Albert Camus

 

une biographie de camus

Une biographie intellectuelle d'Albert Camus par Roger Grenier qui l'a bien connu à Combat et chez Gallimard Suite


le gang de la clef a mmolette de edward abbey


«Le mythe de Sisyphe, essai sur l’absurde» est l’un des textes fondateurs de cette philosophie de l’absurde qui traverse toute l’oeuvre de Camus Suite



 

CENTENAIRE CAMUS

en bref...


Un entretien avec Laurence Tacou, éditrice de l'Herne, à propos du Cahier Camus.


Albert Camus. La philosophie de l'absurde. Les oeuvres de Camus sont publiés chez Gallimard.


Albert Camus. L'homme révoltéL’homme révolté a été publié en 1951. Il déclencha dès sa sortie de nombreuses polémiques


Albert Camus. La peste." Je veux exprimer au moyen de la peste l'étouffement dont nous avons souffert et l'atmosphère de menace et d'exil dans laquelle nous avons vécu" écrit Camus en 1942 dans ses carnets.


Albert Camus. L'étranger. Être étranger au monde qui nous entoure peut nous faire condamner à mort.

 


Couverture du roman de Gabriela Adamesteanu

La peste n'est pas seulement la guerre mais le mal sous toutes ses formes,physique comme moral, la terreur, l'exil, et la séparation, un thème important dans l'ouvrage. Et tout naturellement se pose la question de l'attitude à adopter face a ce fléau Suite